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Poisse du matin, chagrin Cette journée fût placée sous le signe de la poisse, vu que le rendement des activités initialement prévues fut plus proche de 30% que de 70%. Premier stop à Lapa en prenant le métro, le quartier est toujours aussi grand, avec de vastes allées, bien propre et sûr. On doit s’arrêter à la station Carioca, mais vu que ça craint un peu, et qu’on doit aussi faire tout un circuit pour visiter à la fois, la cathédrale Metropolitana et les arches typiques du chemin de fer aérien, on opte pour s’arrêter à Flamengo. Pas beaucoup de touristes dans le coin, on se sent un peu esseulés, mais tant qu’on ne parle pas, on passe encore à peu près pour des locaux. Pour les photos, on a choisi de prendre l’appareil jetable. S’en suit alors une longue marche de la sortie de métro jusqu'aux arches du chemin de fer de Lapa, en traversant des quartiers où des petits marchés improvisés vendent de tout et n’importe quoi ; je ne sais pas pourquoi mais je me sentais tendu, et j’avais hâte d’arriver à ces arches. Une fois là-bas, on prend une photo rapide et on se dirige vers la cathédrale, on a du mal d’ailleurs à voir par où se trouve l'entrée, qui plus est, le lieu est un peu désert. On finit par voir un accès sur le côté. De l’extérieur, la cathédrale a des allures de pyramide maya géante en béton, mais l’intérieur contraste par sa simplicité et son calme. L'endroit est ventilé, enfin un peu de fraîcheur salvatrice car il fait un soleil de plomb dehors. On peut observer quatre panneaux de chaque côté, d'immenses vitraux aux tons dégradés vert, bleu, rouge et jaune, formant une croix au sommet de l'édifice, le chœur se trouvant en plein milieu de l’église. On se pose un peu avant de repartir et d’emprunter la longue avenue do Chile, à la recherche de la station du Bonde (tramway ancien typique allant dans le quartier de Santa Teresa sur les hauteurs de Rio). On croise sur la route le bâtiment de Petrobras (compagnie pétrolière brésilienne), imposant. On demande notre route, et arrivés sur les lieux, on s’aperçoit que le Bonde est en grève. C'est bien notre veine ! Et c’est surtout dommage, car il paraît que la balade est très sympa et que le trajet vaut le coup d'œil. On demande alors aux agents en grève comment rejoindre Santa Teresa, qui devait être la destination finale. Bien qu’on essaie de leur demander ça timidement en espagnol, le type se lance dans une longue explication sur la route à prendre via le bus, le tout ponctué de grands gestes et évidemment en portugais. On essaie de suivre ce qu'il dit avec difficulté. Forts de ce peu d'explications comprises approximativement, on marche, il fait chaud, on fait une halte pour acheter une boisson. On passe plusieurs arrêts de bus, mais on se sent de moins en moins rassurés, surtout qu'un jeune semble nous avoir repérés comme proie à l’arrêt de bus. Vu l’heure tardive, on décide de rejoindre le métro le plus proche. C’est alors qu’on tombe sur un groupe de jeunes déguisés en panthères roses se dirigeant vers une grande place avec un théâtre, et quelques vendeurs, et surtout les préparatifs du carnaval devant la préfecture. On prend le métro à Cinelandia pour regagner l’hôtel. MBP et Corcovado (MBP : musique brésilienne populaire) Voilà le programme de la journée quelque peu chamboulé, sachant qu’on avait prévu d'être à 16h à l’hôtel et qu’il est seulement midi. Palo voulait à tout prix aller dans un magasin de disques (de MBP plus précisémment, musique populaire brésilienne), et on avait aussi des courses à faire à Rio Sul et il était même question d’aller faire un saut à Botafogo. Il faut donc faire un choix et se décider vite, on a déjà pas mal marché et l’heure tourne. Après quelques hésitations, je cède pour accompagner Palo au disquaire, mais sachant qu’il se situait de l’autre côté de la rue où on se trouvait, le deal était de prendre le bus pour y aller, hors de question de marcher encore à pied le ventre vide. (ND Palo : Ah oui, on avait pas mangé et on avait la dalle forcément). On a passé près de 2h sur place au final, il faut dire qu’il y avait pas mal de choses intéressantes. J’ai acheté 2 CDs et Palo en a pris une douzaine. Le retour se fait à pattes, en tentant pour la énième fois de trouver le restaurant "ao kilo" que nous suggérait le Mellow Yellow, sans succès une fois de plus. Finalement, on va dansun autre resto du même type, qui n'est pas si mal. De retour à l'auberge, on a juste eu le temps de se poser quelques minutes avant de partir en groupe de 15 dans un van pour le Corcovado (on avait opté pour y aller avec l’hôtel finalement pour le rapport qualité/prix, d'autant qu’on n’avait pas trop eu le temps d’étudier le trajet en métro qui nous semblait un peu compliqué). A défaut d’une balade en train montant à pic jusqu’au sommet du Corcovado (après l’occasion raté du Bonde le matin), on a droit à un mini tour dans la ville. Dans le van, pas facile de choisir entre prendre l’air par la fenêtre pour pallier à la forte chaleur causée par les embouteillages, ou bien respirer la pollution suffocante, surtout dans le tunnel entre Urca et Copacabana (et dire que les piétons le traversent aussi, et qu’on avait failli l’emprunter nous même quelques jours auparavant). Le trajet aller est assez fun, Sébastien, le guide, qui parlait un poil français, nous montre le quartier où a été filmé en partie le fameuxclip de Michael Jackson avec Olodum : "They don't care about us". C'est le moment de dire 2 mots de la conduite brésilienne. Elle est totalement freestyle, et fait même un peu peur, klaxons, dépassement par la droite, et le code dans tout ça, un lointain souvenir pour la plupart. Dans la montée vers le Corcovado, on traverse des favelas, à plusieurs reprises on emprunte des itinéraires bis pour échapper aux groupes de jeunes arrêtant les voitures pour les piéger, source d’arnaques et d’ennuis selon Sébastien, on n’a pas eu de mal à le croire. C’est là qu’on a réalisé qu’on avait fait le bon choix d’opter pour le tour avec l’hôtel plutôt qu’en solo, et le regret de ne pouvoir prendre le train s'est vite dissipé. Arrivés au sommet, nous avions 1h pour visiter les lieux, on en profite pour mitrailler, mais la tache est parfois ardue, car il y a un monde fou, et évidemment tous veulent se prendre en photo au pied dela fameuse statue du "Christ Rédempteur" les bras levés ou devant le paysage de la baie de Guanabara avec le Pain de Sucre, magnifique, "so tourist". Pour info, la statue du christ mesure 700m, mais on l’avait imaginé bien plus grand, en tous cas pas de doute il surplombe une baie splendide et domine la ville. Il fallait être un peu fou et très fervent pour construire une telle statue dans un coin pareil, en montagne dans la forêt… on imagine les efforts colossaux, les morts et les blessés qu'une telle construction a du provoquer , etc. Le vent se lève, après un rapide passage aux boutiques de souvenirs, et du "macrellage" sur le bord de route, on reprend le van pour aller à l’héliport voisin, en contrebas, avec une vue à la fois sur le christ et sur la baie. Le soleil se couche, et Sébastien de nous préciser qu’il s’agit d’un coin non sécurisé et qu’il faut faire vite car la police n’est pas en patrouille et que de fait le risque de racket est bien présent. Voilà qui rassure tout le monde et incite chacun à vite prendre des clichés avant de remonter dans le van illico. Quand ça veut pas, ça veut pas … Arrivés à l’hôtel, une fois dans notre chambre, j’entends un appel d’une voix très incompréhensible dans le haut-parleur général pour un coup de fil à mon attention en bas, à la réception. Le temps de descendre en 4ème vitesse tous les étages (5 au total), Vitor, mon interlocuteur, avait déjà raccroché. Je remonte, et là, re-belote, arrivé au 3ème étage, on m’appelle encore à la réception. Cette fois, je peux enfin lui parler, mais avec le bruit ambiant et le fait qu’il me parle en portugais, c'est tout de suite plus compliqué. Du coup, je demande à la réceptionniste de me servir d’interprète, elle prend le combiné et engage la conversation avec Vitor, rendez-vous est pris à 21h30 au métro Cinelandia, le soir même. Ce qui nous laisse juste le temps de finir le repas, une salade de pâtes, qui nous demandera quelques efforts et improvisations. D'abord pour ouvrir les boîtes de conserve … sans ouvre-boîte potable, de même un couvre-casserole servira de passoire, ce qui nous fait renverser une bonne quantité de pâtes dans l’évier … plutôt crade. Evidemment, Il y a un monde fou à la cuisine, on se bouscule, cependant le repas est vite préparé et on migre rapidement dans la salle TV pour manger. Là, un groupe d’anglais visionne un étrange DVD qu’ils semblent fortement apprécier, pas nous ! On finit notre fantastique salade de pâtes , avant de repartir pour d'autres aventures. On arrive à l’heure sur le lieu du rendez-vous, sauf qu’on ne se savait pas qu’il y avait deux sorties de métro et une animation endiablée à l'extérieur, un monde fou, des pétards, de la musique, défilé de "blocos" (groupes de carnaval de quartier). Tout cela ne nous rassure guère, avec ce monde, ces feux d’artifices qui semblaient dangereusement utilisés. (ND Palo : Le premier qui dit qu'on est froussard … j'aurais voulu vous y voir après l'épisode de Salvador). Pour ne pas louper Vitor, on se poste bien en évidence aux 2 sorties du métro, mais n’ayant aucune idée de la tête de Vitor, la tâche de reconnaissance semblait bien difficile voire impossible. On alterne entre les deux sorties heureusement l’une face à l’autre, pour qu’au moins Vitor, lui nous reconnaisse, mais en vain. Au bout d’1h15 d’attente, on se dit que c'est mort, on décide alors d’aller voir le groupe qui se produisait sur scène, d’un peu plus près, mais la musique n'était pas terrible un brin vieillote. Du coup on retourne à l'auberge, bredouille, après un passage sur le net, au lit. Décidément cette journée ne restera pas dans les anales comme un modèle d'efficacité ! Klod |
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