Arrivée au Jardim Brasil
Rien de percutant n'étant à relater lors de cette matinée, passons directement à notre première escapade de la journée. Dans le bus qui nous emmène à Bara, Klod et Eddy discutent avec un des membres du groupe Olodum, très sympa, il est technicien-son et est marié à une allemande, il a pas mal voyagé pour les concerts et il nous parle de ce que représente le carnaval à Salvador, qui est pour lui, unique et bien meilleur que celui de Rio.
Nous débarquons à la pension Jardim Brasil. Eddy nous accompagne et car il doit descendre à cette pension ("poussada de juventude" en portugais dans le texte). Il en profite pour faire le tour des lieux et inspecte son futur dortoir. En l’espace de 5 minutes il a déjà discuté avec tous les types du dortoir. De notre côté, la réservation faite depuis 2 mois, n'a pas été prise en compte mais ça s'arrange tant bien que mal. Le personnel ne parle que portugais et c'est le boyfriend suédois d'une des filles de l'accueil, qui est là en vacances, qui nous explique tout. Ca donne une idée de la totale désorganisation de cette auberge, nous en aurons confirmation par la suite. Il est temps de dire au revoir à Eddy, l'allemand, nous nous posons quelques minutes dans notre chambre sans vraie fenêtre donnant sur la cour de l'auberge. L'ensemble est sommaire, mais pour une nuit ça fera bien l'affaire.
Bain, shopping et p'tit repas
Nous voilà repartis pour manger dans un resto "ao kilo" dans le coin. Pour pas cher et sans grand choix, vu l’heure, nous ne mangeons pas si mal dans ce resto surtout fréquenté par des travailleurs du coin. On fait un petit shopping bouffe, à savoir une portion de giraumon (sorte de potiron pour donner une idée de ce que ça peut être), du lard, des bananes jaunes pour le repas du soir. On en salive d'avance. Dans la supérette, un type simplement vêtu d'un maillot de bain, d'un bandana et de lunettes de soleil fait ses courses, je le vois ranger son argent dans une housse plastique faite maison qu’il met dans son slip alors qu'il a un mini sac à dos, étrange coutume qui nous confirme la présence de pickpockets et ce qui n'est guère pour nous rassurer. Par hasard, nous le reverrons plus tard sur la plage, en maître-nageur remorquant des bouées pour les gamins. Le temps de rentrer, on ressort pour aller à la plage, celle de la veille. J’avoue ne pas avoir l'esprit tranquille. Même laisser un T-shirt ou un short sur la plage ne me tranquillise pas. Klod demande, par hasard à la fille, à la plus claire de la plage (qu’on croit être touriste mais qui s’avère être brésilienne) de garder un œil sur nos affaires, histoire de pouvoir aller se baigner en même temps. Elle accepte bien qu'un peu étonnée de notre requête, du coup nous pouvons faire trempette tranquille. Nous retournons ensuite vers la pension en passant par le bord de mer. Le soleil est éclatant. Nous passons devant le fort de Barra sous bonne garde policière, puis le long du bord de mer où claquent les vagues. Petit repérage à Shopping Barra (immense centre commercial) où on voit pas mal de magasins intéressants pour acheter en vrac, shorts de surf, camiseta (T-shirts), et autres havaianas à des prix raisonnables. Nous repèrons tout ça en sirotant un jus de maracuja pour deux (avec 5 reals en poche, c’était tout ce qu’on pouvait se permettre). Du coup, nous rentrons à la poussada pour s’armer de nos CB et de liquide. Le temps passe vite dans les magasins, et la préparation du dîner nous attend, nous sortons du centre commercial vers 21h30, il fait déjà nuit, du coup on s’active dans les rues, pas très rassurés comme toujours. A peine arrivés à l'auberge, nous commençons à mettre à chauffer les ingrédients pour la giraumonade que nous étions impatients de déguster, Klod découpe le lard et moi l’oignon (comme toujours), nous découvrons alors qu’il n’y a plus de feu. La bonne affaire ! La bombonne de gaz est vide. Je vais à la réception où l’employé de service est seul pour gérer les nouveaux arrivants et les plaintes diverses des autres pensionnaires. Je lui fais part du souci de gaz et il me répond qu’il appellera quand il pourra... autant dire pas de suite. Bien !
Du coup, nous rangeons le tout, mais la faim se fait sérieusement sentir. Un peu plus tard un autre type du staff passe et nous dit qu’un de ses amis va amener une bombonne de gaz. C'est le souk ! Je passe sur le fait qu’on trouve aberrant qu’il n’y ait pas de bombonne de rechange en réserve. Les minutes passent et toujours pas de gaz à l’horizon et de fait, pas de dîner. Finalement, ne voyant rien venir, vers 23h, Klod retourne à la réception où on lui dit que le gaz ne sera rétabli que le lendemain matin. Résultat, nous allons nous coucher en ayant dîné d'une maracuja et d'un verre de jus de goyave, certes exotique mais un peu léger. Nous tenterons de manger plus et mieux le lendemain matin.
Palo
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