Fan* et musique (*fan=ventilo en anglais)
Le début de journée ayant été peu productif, j’en profite pour vous relater les impressions de mon installation dans la chambre du Laranjeiras. Située au 2ème étage, dans un 8 bedded room (2 niveaux de lits), mon lit était celui situé à l’étage côté fenêtre, avec un énorme fan* (ventilo à hélice) dans la tronche. Ce n’est qu’au bout de la 3ème nuit que j’ai pu dormir correctement. Situé dans un courant d’air, je pensais que côté température ça irait mais en fait non : le fan étant en position rotative, par alternance circulait un brin d’air mais le bruit causé par ce ventilo était insupportable, annihilant toute tentative de repos, et à puissance maximum son bruit s'apparentait à celui des réacteurs d'un avion au décollage. Il faut savoir qu’il n’y a qu’un seul fan pour toute la chambre et qu’il était mal placé, ce qui obligeait à laisser la fenêtre ouverte vu sa total inutilité, et me donnait l’impression de dormir quasiment dans la rue, surtout avec le carnaval et d’autant que la chambre donnait sur le QG d’Olodum. Lorsqu’on n’était pas réveillés par le bruit extérieur, c’est l’arrivée tardive et aléatoire des roomates qui troublait le sommeil. Aussi, on perdait tout bénéfice d’un coucher tôt vu qu’on était réveillés vers 1h du matin par ceux qui allaient se coucher justement à cette heure. Dans ma chambre, j’ai pu discuter avec un brésilien vivant en Allemagne, et qui était accompagné d’un ami allemand. Ce n’est qu’au bout de deux jours que j’ai su que le brésilien en question parlait très bien le français. Il y avait aussi deux suédois qui s’étaient fait agressés à Rio au couteau (ils m’ont raconté leur mésaventure suite au vol de Palo, ce qui n’a fait que renforcer nos craintes, notre prochaine escale étant justement Rio), et Eddy, un allemand de Francfort avec qui on a sympathisé.
Marché - Ville Basse
Pour revenir au récit de la journée, une certaine nonchalance nous animait dès le matin, suite aux événements de la veille, d’autant plus qu’on se faisait aborder encore et toujours par les vendeurs de rue, et ce même en prenant le petit déjeuner face à la fenêtre à l’intérieur de l'auberge ; ça ne donnait guère envie de s’aventurer dehors. On est quand même allés dans la ville basse en empruntant un gigantesque ascenseur payant (quelques piécettes symboliques), dont l’effet en début de descente est assez étrange. Nous avons abandonné la recherche du vieux marché (Joachim) de fruits et légumes car il fallait encore prendre un bus et le coin ne nous semblait pas très sécurisé (ND Palo : là on est au top de la paranoïa, justifiée ou pas ?). Au final on s’est contentés d’un tour rapide dans les alentours proches, avec l’achat de mangues, puis on a attendu l’ouverture du Mercado Modelo qui n’est rien d’autre qu’un ensemble de bouibouis vendant de l’artisanat en tous genres dans un immense marché couvert sur plusieurs étages. Après marchandage et des allers-retours entre les étages, on s’achète des pantalons de capoeira. On s’arrête un long moment pour essayer des bobs Olodum (avec et sans cheveux rastas). La vendeuse est sympa, elle nous donne même des recommandations pour éviter les vols d’argent, à savoir cacher ses billets dans son slip ou son soutien gorge ou dans sa chaussure pendant le carnaval où les vols sont monnaie courante avec l'agitation ambiante, la foule, etc. Ces conseils ne nous rassurent guère mais ils nous seront tout de même utiles par la suite. On quitte rapidement la ville basse, et sur le chemin du retour, on se réfugie dans une église, à la basilique sur la Praça da Sé. L’intérieur est sympa, avec des dorures, et surtout des ventilos devant lesquels Palo fait un long sit-in histoire de se rafraîchir, on visite ensuite la grande sacristie. L’entrée y est payante et il y a un gardien, c’est donc un lieu sûr où l’on serait bien restés plus longtemps (il faut dire que les églises sont devenues nos lieux de refuge où on se pose et se repose sans devoir sans cesse être sur nos gardes, décompression du corps et de l'esprit). On enchaîne sur une autre église juste en face, faite en deux voire 3 parties, séparées par un long couloir, avec beaucoup de statues, elle est moins bien entretenue que la précédente. On regagne ensuite l’hôtel pour poser les affaires avant d’aller manger. C’est là que je croise Eddy, à qui je narre nos mésaventures de la veille. Il s’invite et nous accompagne pour le lunch, étant nouvellement arrivé dans ma chambre et dans la ville. Au final, on retourne au Deli do Carmo (le delicatessen de la veille), histoire de pouvoir à nouveau siroter leurs excellents jus maison servis dans des brots, un par personne, mixés sous nos yeux. De retour à l'auberge, on se change pour aller à la plage, avec un minimum d’affaires sur soi évidemment.
Premier bain
On prend donc un bus pour Barra (ville basse) le trajet est assez long, mais ça nous permet de revoir tous les préparatifs en bord de route pour le défilé du carnaval que nous allons rater, vu que nous serons à Rio. On est contents de retrouver la plage, où on recroise totalement par hasard les deux françaises rencontrées la veille au Deli. On se pose sur une crique à l’ombre, je prends un bain rapide car l’eau n’est pas terrible, et vu la proximité des égouts et surtout certains locaux un peu louches nous ayant déjà repérés comme appâts (ND Palo : paranoïa quand tu nous tiens…), on opte finalement pour le bain de soleil. Du coup, on migre vers la partie de plage bondée de monde, on sent toute de suite la différence, j’apprécie le bain, le sable propre, une eau claire, bien qu’un peu fraîche. Palo ne s’est pas baignée, juste trempé un orteil dans l'eau pour surveiller les affaires. Le temps de se sécher au soleil et on part en repérage de l’hostel Jardim Brasil que nous devrons rejoindre le lendemain avec nos valises. Sur la route, on s’arrête dans un supermarché où l’on repère aussi les prochaines emplettes : les fruits et légumes nous donnent envie mais à défaut de pouvoir les cuisiner, on les dévore simplement des yeux pour le moment. Après avoir marché et demandé notre route, on finit par localiser la pension, il ne reste plus qu’à trouver le bus pour rentrer.
Acai party
A peine arrivés, on va direct chez le glacier Laporte où le gérant nous sert lui-même, ça permet d’échanger deux mots (pas plus) en français. Puis on ressort manger nos glaces. Retour à l'auberge, longue pause avec Eddy, et ses nouveaux amis anglais (Gail et Aaron, en expédition en Amérique du sud pour un an). Ces derniers voulaient nous faire goûter un dessert brésilien traditionnel répondant au doux nom d’Açai. Avant cela, on erre nonchalamment dans les ruelles qui nous sont maintenant familières , on finit par rejoindre un bar pour tester cette fameux dessert que nous ne connaissions mais dont Aaron n'arrêtait pas de vanter le goût succulent et l'étrangeté. On avait le choix entre l'açai nature (puro), ou avec des fruits. Il s’agit en fait d’une mixture de haricots rouges très sucrée, couleur chocolat, servie avec des brins de cacahuètes, j’ai trouvé ça horrible et dégoûtant (ND Palo : rappelons que "je" ici est bien Klod, pour ma part je n'ai pas détesté l'açai...). J’ai été le seul à ne pas trop y toucher, je regrettais d’avoir commandé ça, surtout que ça a été notre dîner. Puis on a été faire un tour, pour suivre et écouter le groupe Dida (dont certaines filles étaient complètement déjantées, déchaînées, et défilaient en talons). Dans une autre rue où se donnait le concert de Carlinhos Brown, on croise un autre groupe de carnaval avec des blancs, on voyait tout de suite qu’ils n’étaient pas du quartier, ils étaient mieux organisés, déguisés en égyptiens, la musique était plutôt entraînante. On poursuit notre errance en faisant un sit-in sur la place principale à boire de la bière et du jus, et discuter un peu de tout et de rien, surtout de rien. La situation était drôle, malgré notre état de fatigue et notre envie de dormir, je ne pouvais m’empêcher de remarquer qu’en l’espace de 2 secondes on s’était fait proposer des boissons, des colliers "just look" (car la vendeuse passait sans s’arrêter vraiment), il y eu un gamin qui faisait la manche, sans compter qu’un type reculant sa voiture qui faillit nous écraser, il était temps de rentrer se coucher, la journée avait été suffisamment longue.
Klod
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