Wake up in Rio A l’arrêt de bus, on a un bel aperçu du folklore des transports à Rio : les bus sont aléatoires, pas d’horaires, ils passent vite et il faut repérer de loin sur un petit écriteau à peine visible la destination ou le numéro de ces derniers, puis il faut faire signe au chauffeur de la main, comprenez quasiment se poster au milieu de la voie rapide pour être vu en faisant de grands signes. Sachant que tous les bus s’arrêtent à tous les arrêts, bien que certains arrêts semblent être particuliers à certains bus, et que même certains s’arrêtent en dehors des arrêts, le tout est très freestyle en somme. Pour ajouter un peu de complexité, les bus sont de diverses sortes, de plusieurs compagnies licites et illicites, et quand ils s’arrêtent et repartent, on dirait plus des avions qui font un décollage avorté, avec la vitesse, effet "reverse" assuré ! (ND Palo: reverse signifie inverse, c'est un terme d'aviation pour parler de l'inversion des commandes lors du freinage notamment. Klod enfin, tt le monde ne maîtrise pas le vocabulaire aéronautique) A l’arrêt de bus, c’est un vrai spectacle, un microcosme de la population carioca (les cariocas étant les habitants de Rio) : des p'tits vieux et vieilles, des scolaires en cycliste, les filles cheveux au vent et aux vêtements flashy et moulants, des quidams... toute la diversité des classes moyennes de la ville. Mais attention, les bus sont à éviter le soir et la nuit, car ils deviennent peu sûrs. Et en journée gare aux pick-pockets ! On choppe donc assez rapidement un 107 qui est déjà bondé. L'entrée se fait à l'avant par une sorte de tourniquet, un agent assis perché sur le côté encaisse la course, c’est assez marrant. Une fois à bord, il faut s’accrocher, ils n’attendent pas pour démarrer, le chauffeur fonce, les amortisseurs du bus sont un très vieux souvenir, c’est très chahutant voire chaotique. J’obtiens rapidement un siège tandis que Palo se dirige vers la sortie au fond du bus en s’accrochant comme elle peut pour ne pas finir au sol (note de Palo : ce fût rude, et j'ai décollé plusieurs fois du sol bien que cramponnée à 2 barres, ce n'était pas rude, c'était exténuant, impotents s'abstenir). Du pain et du sucre On arrive vaguement à repérer où descendre et sans trop de problèmes, nous arrivons à l’entrée du téléphérique du Pain de Sucre. On rate un départ, ce qui nous fait patienter 30 minutes, on s’endort presque à quelques minutes d’embarquer. C’est assez fun de monter en ayant la vue sur la baie, on commence rapidement à mitrailler de photos. Arrivés au sommet du 1er téléphérique, on fait le tour pour admirer le paysage, la vue est vraiment impressionnante et imprenable sur l’aéroport Santos-Dumont, un grand pont au loin, mais aussi les plages dont Copacabana au sud et le relief d'îles noyées dans la brume à moins que ce ne soit le nuage de pollution qui surplombe la ville. On enchaîne sur le 2ème téléphérique qui monte à pic. Au sommet du Pain de Sucre, nos appareils photos crépitent toujours autant, on ne se lasse pas de cette vue splendide, ainsi que de la plage de Copacabana bien visible sous ce ciel bleu et chaleureux. On fait le tour et on tombe sur un petit sentier assez désert. On n’a pas vu de singes (il paraît qu'il y en a sur le rocher, mais ça devait être l'heure de la sieste), à la place on se prend pour des singes en descendant une pente sans escaliers en s’accrochant juste à une corde, (paralytiques s'abstenir). On quitte alors la chaleur du point de vue pour atterrir dans un havre de paix, de verdure et de calme, vu que peu de touristes s’y aventurent. Plantes et bambous abondent sur le sentier. Avant l’arrivée de quelques touristes, français qui plus est, on fait un rapide tour avec quelques prises de vue sur les îles noyées dans la brume, puis on décide de quitter les lieux, on redescend par le téléphérique. A l'autre bout du tunnel Arrivés en bas, en sueur, on repart dans Urca, quartier calme, très agréable, assez abrité par la verdure, on entame une marche en direction de Rio Sul (grand centre commercial) sous la canicule. On ignorait que ce n’était que le début d’une longue marche qui allait se transformer en marathon... Arrivés à Rio Sul, on erre un peu dans le centre commercial assez grand avec plein de magasins et de soldes. On flâne dans un magasin nommé "Riachelo" sur les rayons vêtements et accessoires, en sortant on nous a un peu obligés à donner notre avis sur le magasin, en appuyant sur un bouton pour juger de notre satisfaction, on y a eu droit 2 fois. On mange au Mc Do du coin pour environ 12 Reals le menu (avec jus local, ça change), puis encore un tour dans les étages. Faut bien reconnaître que la climatisation n'est pas étrangère à notre flânerie dans les couloirs de Rio Sul. Nous avons arpentés les 3 étages avant de trouver au dernier étage, le "Lojas Americanas" que m’avait recommandé Tacy, comme étant meilleur marché. On y trouve en effet absolument de tout à prix plus que raisonnable. Un tri s'impose dans ce mélange de vêtements, d'ustensiles de cuisine, de nourriture. Quel déception de voir les Havaïanas (marque de tongs brésiliennes très connues) achetées juste avant à 16 Reals beaucoup moins chers, ainsi qu’un CD de samba payé 27 $R qui était à 19 ! Du coup, Palo en profite pour racheter quelques paires de tongs (et ce n'est que le début), mais la queue aux caisses est hyper longue. On sort du centre commercial, un peu perdus pour aller vers Copacabana, on tente de suivre un itinéraire bis à l'aide du plan pour éviter de prendre un tunnel glauque, sombre et pollué. Après un détour sous le soleil, et on en arrive à ne plus supporter les tongs qu’on avait vite chaussés après l’achat quelques minutes auparavant. Nos pieds tendres doivent s'endurcir, mais après quelques ampoules, nous ne nous en séparerons plus (enfin peut être). En 3 mots : "ON MARCHE TROP !", et pour couronner le tout, nous entamons une montée assez raide suivie d’une descente tout aussi pentue qui n’arrange ni nos chevilles, ni nos orteils complètement écartelés par les tongs (NDPalo : surtout pour Klod). On tombe alors sur la station de métro Arcoverde, qui nous sert de repérage, on trouve facilement le "Mellow Yellow" notre auberge pour notre 2ème passage à Rio (dans quelques jours). Puis direction la plage de Copacabana. On y voit les préparatifs du concert des Rolling Stones prévu pour le samedi soir, jour de notre départ pour Salvador. On n'assistera donc pas à ce concert de tous les records… Dommage. On se rapproche de l’eau, mais on constate rapidement qu'il y a des vagues … pas terrible pour la baignade, qui plus est la mer est pleine de détritus en tous genres flottants au bord, l’eau est vert foncé tirant sur les marrons, sans compter les ordures sur le sable, une vraie décharge publique. On décide de longer la mer comme alternative à la baignade, ce qui repose nos jambes (la plage est longue et s'étend sur environ 2 Km), on en profite pour macreller (faire des commentaires pas toujours très sympa mais toujours dans le bon esprit) sur les maillots, strings, tangas ou autres dépareillés pour la plupart des cariocas. La population n’hésite pas à porter un simple maillot ou un short de surf pour se balader en ville, quelle que soit la corpulence d’ailleurs, les tenues sont moulantes, fluos, et flashy. On arrive vers le port en bout de plage (la plage étant assez différemment occupée et fréquentée selon les coins), on va ensuite visiter le fort mais le besoin urgent de se poser et boire un verre se fait sentir. Chose faite dès notre entrée dans les enceintes du fort, dans un bar sympa avec vue sur la plage et le Pao de Azucar (Pain de Sucre). On y voit un changement de garde de militaires marins de la garde du fort. On poursuit avec la visite d’une expo dans le bunker de la marine (où des obus et instruments de guerre sont exposés sans restriction d’accès, surprenant), puis on monte sur le toit du bunker, avec vue sur mer, on y fait un short sit-in. Puis, on engage le retour à la recherche d’une station de métro. On demande notre route à plein de gens qui ne comprennent pour la plupart rien à notre requête, exprimée en espagnol, évidemment ils nous répondent en portugais ! Dialogue de sourds. On nous balade, on fait encore de la marche jusqu’à arriver près d’Ipanema, qu’on hésite même à visiter, mais vu la fatigue, la recherche du métro devient prioritaire. N’ayant toujours rien trouvé, on fait un stop à une superette puis Palo va appeler sa famille et on finit par comprendre que la station de métro n’existe pas encore, et qu’il faut prendre un bus qui emmène à une autre station de métro. On finit donc par prendre ce bus climatisé à 2,2 Reals (tarif identique au billet de métro simple), le trajet est assez long vu la circulation du côté de Copacabana en heure de pointe. On prend ensuite le métro qui est plutôt propre, spacieux, mais un peu bondé vu l’heure, les arrêts aux stations sont très courts et il faut s’éjecter rapidement au risque de devoir retenter sa chance à la station suivante. Arrivés à Catete, il restait 1h avant d'appeler Tacy, j' en profite pour aller au hammam de l’hôtel, tandis que Palo prend sa douche (ND Palo : ce sont quand même des détails de la plus haute importance…). Le temps a tourné à l’orage, je ressors sous la pluie, mais c’est vite passé et le beau temps revient. Lapa (avec Tacy) |
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